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29.04.2008
Modèle d'hypocrisie française ...
M. Lagarde vient de proposer, comme il en a le droit, de fixer la limite pour constituer un groupe au Conseil Municipal à cinq élus (alors qu'un de ses voisins et "amis" a fixé ce seuil à un élu).
Simple hasard, me direz-vous, sans aucune arrière pensée politicienne dont notre maire ne saurait se rendre coupable.
Pourtant ...
Posons-nous tout de même la question : pourquoi cinq et non quatre ou trois, comme il est de pratique beaucoup plus courante ?
Cela représente plus de 10% du Conseil Municipal contre par exemple un peu moins de 5% au Sénat et 3,5% l'Assemblée Nationale.
Pour mieux comprendre, regardons quels sont les effectifs de chaque force politique de l'opposition municipale :
- PS : 3
- PC : 2
- LO : 1
- MoDem : 1
La seule alliance possible est donc la traditionnelle alliance PS + PC alors qu'à trois élus par groupe, le PS peut devenir autonome et, pire encore, à quatre élus par groupe, une alliance PS + MoDem devient possible.
Pour quelqu'un qui se targuait, jusqu'au 22 avril 2007, de renouveler le paysage politique français en faisant sauter la "frontière artificielle entre la gauche et la droite", afin de "rassembler le centre droit et le centre gauche", en faisant travailler ensemble les "ouverts" et les "modernes" des deux camps, voilà une pratique bien conservatrice ...
Mais, il est vrai que cette configuration politique lui réussit si bien, qu'il aurait tort de vouloir changer quoi que ce soit !
Mais cette distorsion entre un discours théorique apparement ouvert et novateur d'un côté et une pratique politique des plus fermées et des plus traditionnelles de l'autre, n'est-ce pas ça la pire et la plus nocive des hypocrisies françaises ?
Le MoDem récuse cette distorsion entre les discours et les pratiques politiques.
Il propose d'appliquer un principe simple pour que la démocratie soit réelle : que chaque liste élue puisse constituer un groupe et obtienne ainsi les moyens d'exercer le mandat que les drancéens qui ont voté pour elle lui ont fixé, c'est-à-dire au minimum disposer d'un local digne de ne nom et d'une tribune dans le journal municipal.
22:18 Publié dans Actualité locale, Hypocrisies françaises, Nos propositions | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : groupe, conseil municipal, lagarde, hypocrisie française
Un premier livre
Jean-Christophe Lagarde publie un premier livre, sûrement pas le dernier, faisons lui confiance !
C'est un moyen comme un autre de faire parler de soi pour un homme qui ne manque jamais une occasion dans ce domaine.
Le but est évidement de continuer à construire une image d'homme "libre et décalé" afin de s'assurer une place de choix dans le monde politique national d'ici 2012, 2017, 2022, 2027 ....
Le texte qui présente le livre sur le site de sa ville est le suivant : "peut-on être une femme ou un homme politique, et peser sur le cours des événements ? Peut-on s'inscrire dans l'action politique, tout en respectant ses propres convictions, sans trop de concession avec le système ?
Bonnes questions, en effet, pour quelqu'un qui a sacrifié ses convictions affichées jusqu'au 22 avril 2007 pour essayer de peser sur les événements en s'inscrivant totalement dans le nouveau système de pouvoir en place depuis l'élection de Nicolas Sarkozy.
On peut par ailleurs trouver curieux que l'auteur se serve du site de sa ville pour faire de la publicité pour son livre et une séance de dédicace dans une salle municipale.
Notre maire a-t-il l'intention de prendre exemple sur le maire de Levallois qui fête les événements privés dans les bâtiments municipaux et avec le personnel municipal ?
Le MoDem récuse l'utilisation partisane ou aux fins de promotion personnelle des médias publics financés par les impôts des contribuables.
Il pense et il a prouvé par ses actes, qu'on peut "s'inscrire dans l'action politique, tout en respectant ses propres convictions, sans concession avec le système".
Qui peut en dire autant ?
12:47 Publié dans Actualité locale, Actualité nationale | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : lagarde, livre, drancy
27.04.2008
Discours de clôture de François Bayrou: "Je crois à l'humanisme et à la justice."
Sans reprendre tous les sujets je vais essayer de montrer qu'en réalité ce que nous portons est si original, si singulier dans le paysage politique que si nous renoncions au combat, plus personne ne pourrait relever ce genre de défi. Prenons la question la plus simple, celle qui se pose à tous les politiques depuis des années, qui est celle de ce qu'on appelle « les réformes ». Je voudrais défendre devant vous cette idée originale : nous sommes le seul mouvement qui affirme que les réformes sont indispensables mais que ces réformes ne peuvent pas se payer au prix de l'injustice. Que justice et réformes sont étroitement liées. La justice est la condition de la réforme et le moins qu'on en puisse dire - je vais essayer de le montrer - c'est que la situation que nous avons sous les yeux aujourd'hui n'est pas celle-là et qu'un certain nombre d'injustices sont provoquées par des réformes mal pensées, mal conçues ou trop bien pensées ou trop bien conçues pour le bénéfice de quelques-uns et au détriment de l'intérêt général. Nous avons un gouvernement, aujourd'hui, qui affirme, souligne le fait qu'il porte des réformes ; et une opposition, socialiste, dont le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle est réticente à l'égard des réformes.Le mot « réforme » est un mot piégé parce que réforme, cela ne veut pas dire progrès
Un jour, quand nous aurons le temps, je poserai question devant vous du vocabulaire, du mot « réforme », de la signification du mot « réforme » qui a été introduit au début des années 90 dans le vocabulaire politique français. Je pense que c’est Edouard Balladur qui a le plus fait. Il avait fait un « dictionnaire de la réforme » et je me souviens des reproches vifs qu’il m’adressa lorsque, entré au gouvernement, j’avais avec la naïveté, la simplicité de la jeunesse, au ministère de l’Education, expliqué que « à mon avis, ce qu’il fallait à tout prix éviter, c’était une énième réforme de l’éducation ». Édouard Balladur, alors Premier ministre, avait considéré qu’en disant cela je manquais au contrat général qu’il avait tracé, écrit, du « dictionnaire de la réforme ». Le mot « réforme » est un mot piégé parce que réforme, cela ne veut pas dire progrès. Il y a des réformes qui vont dans le bon sens et des réformes qui vont dans le mauvais sens. On devrait interroger les réformes. J’ai vu que je n’étais pas le seul à l’avoir fait, que Valéry Giscard d’Estaing s’était récemment posé la même question. Ce qui prouve que ceux qui ont occupé des responsabilités éminentes peuvent avoir aussi des préoccupations profondes sur l’avenir.
Certaines réformes sont indispensables, ces réformes nous les soutenons
Je pense que ce qui est nécessaire, c’est l’adaptation du modèle français pour que ce modèle puisse se perpétuer et même s’épanouir en temps de mondialisation. Il y a des adaptations nécessaires. Mais, oublions cette question sur le mot "réforme" que nous aurons ensemble. Nous considérons qu’il y a un certain nombre de réformes absolument indispensables et que les forces qui se liguent pour les empêcher de s’accomplir, d’une certaine manière, rendent un mauvais service au pays. Je vais en citer une qui sera un sujet d’actualité dans les semaines qui viennent : il est impossible d’éluder la question de la réforme des retraites. Ceux qui voudraient ou voudront empêcher que se pose la question de la réforme des retraites vont simplement entraîner des générations entières dans les difficultés, la pauvreté, les problèmes qui se posent. Nous savons que le simple équilibre démographique, le fait que la durée de la vie s’accroisse, cela signifie évidemment qu’il faudra qu’on avance dans la direction d’un plus grand nombre de Français au travail, capables de supporter les pensions de retraite de ceux qui seront déjà au repos. La vraie question qui se pose, c’est évidemment qu’on annonce 40 années de cotisations alors qu’un très grand nombre de Français sont incapables de dépasser les 36 ou 37 années de cotisations, simplement parce que les entreprises poussent sur le bord du chemin un certain nombre de gens. Cette question de la responsabilité collective qui est la nôtre en face des travailleurs qui ont atteint l’âge de 55 ou 60 ans est d'ailleurs une véritable question. Mais il n’y a aucun doute sur le fait qu’il va falloir naturellement qu’il y ait un plus grand nombre de Français au travail pour supporter les retraites de ceux qui sont pensionnés. Il n’y a aucun moyen de l’éviter et ce ne serait pas responsable de le dire. Il y a donc des réformes indispensables. Ces réformes nous les soutenons.
Soutenir les réformes par la justice
La question est : sur qui fait-on reporter la charge de ces réformes ? Depuis plusieurs mois, depuis le nouveau gouvernement, il y un certain nombre de signes qui s’accumulent et qui sont des signes inquiétants parce qu’on accepte qu’un certain nombre de réformes en cours soient payées, équilibrées par de l’injustice sociale. Or, l’injustice sociale est intolérable et profondément nuisible pour les réformes. Nous pensons que tout le monde doit assumer le coût des réformes, le coût de la solidarité à proportion de ses moyens et que rien n’est plus insupportable que de voir le coût des réformes concentré sur les plus fragiles, sur les moins favorisés, peut-être simplement parce qu’ils sont les moins nombreux. Je veux prendre quatre exemples :
Premier exemple. J’ai entendu comme vous Nicolas Sarkozy reprendre jeudi soir cette antienne qui est celui de la justification des franchises médicales par la maladie d’Alzheimer. Évidemment, je sais que c’est une présentation publicitaire, une présentation de communication. J’ai le souvenir précis qu’il y a quelques années, lorsque Nicolas Sarkozy dans un de ses livres a repris cette idée des franchises médicales qui était présente chez un certain nombre d’esprits, c’était pour freiner la consommation médicale. Ce n’était pas du tout pour la maladie d’Alzheimer ni pour autre chose. Puis après, en cours de campagne électorale, il a trouvé cette présentation. Il a dit : la maladie d’Alzheimer, les soins palliatifs en fin de vie et le cancer. La vérité c’est évidemment que c’est une présentation parce qu’il n’y a qu’un seul budget de la santé. Je veux bien même reprendre cette justification pour dire ceci : même si c’était vrai -mais cela ne l’est pas- que c’était fait pour financer la recherche contre la maladie d’Alzheimer, ce serait profondément choquant parce que cela signifierait qu’on demande aux seuls malades de financer la recherche sur une maladie spécifique et que les bien-portant, eux, n’ont pas à prendre leur part de ce financement et de cet effort. Une dépense qui devrait être répartie à proportion des moyens de chacun, demandant plus à ceux qui ont plus et moins à ceux qui ont moins, serait mise à la charge exclusive de ceux qui sont en difficulté, de ceux qui sont malades et de ceux qui ont moins. Ce n’est pas juste et il faut avoir le courage de le dire : on doit répartir l’effort à la proportion des moyens de chacun.
Deuxième exemple. On a annoncé, il y a quelques semaines, un versement immédiat à valoir sur l’augmentation des petites retraites, versement –si ma mémoire est fidèle– de quelque 200 € et nous avons approuvé ce versement. Mais avant-hier nous avons appris incidemment, par l’intervention d’une association, que sans qu’on le dise les personnes bénéficiaires de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) –et ce ne sont pas les favorisées– ont vu leurs cotisations URSSAF pour les aides à domicile augmenter brutalement. Pour une aide à domicile payée 700 € par mois, l’augmentation de charges est de 77 € par trimestre ce qui veut dire 310 € par an. On a retiré sans le dire, à ces personnes qui sont en difficulté, d’avantage que ce qu’on leur a accordé à grand renfort de publicité. Si c’est vrai cela a une signification précise, cela veut dire que ce sont les plus fragiles qu’on a mis à contribution. C’est le niveau de vie des plus fragiles qui a été atteint. Ce n’est pas juste, ce n’est pas notre conception de la réforme.
Troisième exemple : les allocations familiales. On a besoin, c’est sans doute vrai, d’un financement complémentaire pour la garde des jeunes enfants. À qui va-t-on demander d’assurer la charge de ce financement complémentaire ? Est-ce à ceux pour qui les choses vont bien, pour qui la vie est favorable, ceux chez qui les revenus augmentent, aux foyers plus aisés ? Non, pas du tout. On va demander cet effort aux familles en diminuant brutalement les allocations des enfants entre 11 et 14 ans, c’est-à-dire l’âge où les jeunes, les enfants qui entrent dans l’adolescence commencent à coûter le plus cher. Ceux qu’on met à contribution pour financer cette nouvelle dépense, ce ne sont pas ceux qui peuvent le plus, ce sont ceux qui ont déjà de lourdes charges. Cela ne nous paraît pas juste et cette injustice va naturellement à l’encontre de l’idée de réforme.
Quatrième exemple : le revenu de solidarité active. C’est une idée que nous avons défendue pendant la campagne présidentielle. Assurance donnée à chacun des Français que nul, venant des minima sociaux, s’il reprend un emploi n’aura à y perdre, au contraire. Nous avons défendu le principe, pendant toute la campagne présidentielle, que si on reprend un emploi, on doit y gagner. J’avais même dit y gagner au moins 100 € par mois par rapport à la situation antérieure. C’est justice et c’est un meilleur équilibre de la société évidemment. C’est une idée juste, une idée dont on nous dit qu’elle coûte cher –ce qui signifie au passage qu’il y a beaucoup de gens qui perdent de l’argent quand ils reprennent un travail. Cette idée préparée dans son exécution par Martin Hirsch, expérimentée jusqu’à maintenant à toute petite échelle –je crois qu’il y a 8000 contrats signés sur l’ensemble du territoire national– mérite le soutien. Or Nicolas Sarkozy a annoncé que son financement serait assuré par une ponction, par un transfert venant de la prime pour l’emploi. On donne aujourd’hui pour la prime pour l’emploi un peu plus de 4 Milliards d’euros, et l’on prendrait 1,5 milliard pour le mettre sur ses travailleurs aux minima sociaux qui reprennent un emploi ! Eh bien ceci n’est pas juste parce que cela signifie qu’un geste de solidarité nécessaire, au lieu d’être assumé par la nation à proportion des moyens de chacun, est assumé en réalité par les travailleurs pauvres, ceux qui seront en deçà du salaire moyen. Or c’est pour cela qu’on leur a donné un complément de revenu avec la prime pour l’emploi ! Ils sont 8 millions en France, la prime pour l’emploi est versée à ceux qui gagnent, pour un célibataire, entre 3.750 euros de revenus imposables par an, c’est-à-dire quelque chose comme le quart du SMIC, et 17.500 euros de revenu annuel. Et tous les autres, les salaires moyens, les revenus importants, les salaires confortables, les très gros revenus, tous ceux-là vont être exonérés de l’effort que l’on va faire en direction des bénéficiaires du RMI qui vont reprendre un emploi !
Notre projet de société est inspiré par la justice
Nous ne considérerons pas qu’il soit socialement juste, ni acceptable de faire payer la solidarité en direction des plus pauvres par ceux qui sont déjà défavorisés dans la société française. Il y a là une atteinte, une injustice ; et je dois le dire, je ne comprends pas cette obsession du gouvernement et de sa majorité de faire payer la solidarité par ceux qui ont moins et de ne pas mettre du tout à contribution ceux qui ont plus.
Notre projet, différent, original, consiste à soutenir les réformes par la justice et non pas de payer des réformes au prix de l’injustice. Et je suis certain qu’une immense majorité du peuple français est sur la même ligne, même parmi ceux qui ont la chance d’avoir des situations privilégiées. Je crois qu’il y a assez de civisme en France, assez d’esprit de responsabilité, pour que chacun comprenne que l’avenir du pays dépend précisément de l’esprit de justice.
Nicolas Sarkozy a dit jeudi soir « je crois au capitalisme et à la mondialisation ». Eh bien moi je crois à l’humanisme et à la justice !
Et ceci mes amis fait une grande différence, cela signe trois projets de société différents : celui qui est fondé sur l’assistance, sur notre gauche ; celui qui est fondé sur l’arrogance, sur notre droite ; et celui qui est inspiré de la justice. Entre l’assistance et l’arrogance, il y a un immense espace pour le projet de société dont la France a besoin pour son avenir. (applaudissements)
J’ai voulu prendre ce seul exemple de la justice et de la réforme parce que c’est l’actualité. Il y a ainsi sur tous les sujets une marque particulière dont je crois la société française a besoin.
Je vous le dis avec certitude : l’affirmation qui est celle du pouvoir et qui a été celle de Nicolas Sarkozy jeudi soir, selon laquelle on serait à l’équilibre des finances publiques en 2012 est une illusion pour ne pas dire une tromperie.
Il n’y a aucune chance, partis comme nous sommes, que nous allions vers l’équilibre des finances publiques, nous allons vers un déséquilibre aggravé. On a annoncé, je vous en donne un exemple très simple, cette année qui vient de s’écouler avec le nouveau gouvernement qui s’est installé, que le déficit de la France, celui qui creuse la dette, n’a pas diminué mais augmenté. Il a augmenté de 7 milliards d’euros ce qui est l’exact équivalent du « paquet fiscal » en direction des plus favorisés.
C’est avec le « paquet fiscal » qu’on a creusé le déficit de la France ! Alors même que nous disions « vous ne devez pas baisser ces impôts-là, on a absolument besoin d’aller vers un effort d’équilibre des finances publiques ».
Je vous donne ce chiffre : on a annoncé la semaine dernière 162 mesures qui faisaient suite à 95 mesures qui précédaient elles-mêmes 113 mesures qui vont être prises au mois de mai dans ce qu’on appelle la revue générale des politiques publiques. Avec ces centaines de mesures, on a annoncé qu’on allait peut-être faire 5 milliards d’économies en 2011, c’est-à-dire l’année précédent 2012. Or, on a un déficit de 52 milliards. Si on ne fait que 5 milliards d’économies, on aura toujours 49 milliards de dettes. Ce qui veut dire qu’on ne se dirige pas vers l’équilibre des finances publiques, on se dirige vers le déséquilibre et s’il y avait une justice en France, les générations les plus jeunes devraient faire un procès pour non-assistance à génération en danger aux gens qui sont actuellement et depuis des années au gouvernement.
Pluralisme politique et indépendance des médias
Nous allons avoir un grand débat sur les Institutions. Il n’y aura pas de Parlement libre s’il n’y a pas de pluralisme dans les lois électorales. Et donc naturellement nous nous concerterons avec tous ceux qui veulent aller dans le même sens, tant mieux, plus nous serons à défendre ce principe de pluralisme, plus nous aurons de chance de le faire entendre et plus la forme institutionnelle prendra tout son sens.
De la même manière, je déposerai un certain nombre d’amendements pour que soit pris en compte le principe d’indépendance des médias par rapport au pouvoir, que j’avais défendu pendant la campagne présidentielle de manière qu’on soit assuré qu’il y ait une frontière entre le pouvoir politique et le pouvoir médiatique. Tout le monde y gagnera et selon moi ce principe doit être inscrit dans nos institutions et dans la Constitution de la République.
Et vous voyez que pluralisme au Parlement et indépendance des médias, tout cela va dans le même sens parce que cela veut dire qu’on crée les conditions pour que la démocratie soit une démocratie de plein exercice, qu’enfin les citoyens puissent avoir accès à la vérité, et que leurs convictions puissent s’exprimer lorsque les débats parlementaires ont lieu. C’est la même chaîne : garantie d’indépendance des médias et garantie de pluralismes lorsqu’il s’agit d’exprimer l’opinion des citoyens à l’Assemblée nationale ou au Sénat face au pouvoir exécutif.
Quelque chose peut changer, qui nous permettra de faire progresser le pays vers ce que nous considérons comme essentiel, c’est-à-dire la confiance des citoyens.
Notre idée de la démocratie, c’est de faire progresser la conscience des citoyens
Car il y a en réalité deux visions de la démocratie.
La vision de la démocratie qui considère que tout son enjeu est d’obtenir des voix, que la fin justifie les moyens, ceux qui considèrent que les promesses sont le matériau indispensable des campagnes électorales même si elles sont illusoires et que comme on disait autrefois dans les Hauts-de-Seine « les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent ». Autrement dit, une démocratie fondée sur la communication, c’est-à-dire sur l’illusion quitte à ce qu’ensuite on se réveille avec des lendemains qui déchantent.
Et nous, nous considérons au contraire que le propre de la démocratie ce n’est pas seulement d’obtenir des voix, c’est de faire progresser la conscience des citoyens. C’est avec la conscience des citoyens qu’on arrive à soutenir et prendre des décisions politiques courageuses.
Si vos y réfléchissez une seconde, le trou abyssal que nous avons devant nous, nos mille deux cents milliards d’euros de dette, les dizaines de milliards de déficit que nous y ajoutons tous les ans, ça n‘est rien d’autre que l’addition des promesses illusoires, le fait qu’on a voulu bercer les citoyens de promesses au lieu de les faire progresser vers une conscience adulte de la réalité à laquelle ils sont confrontés. C’est parce qu’on leur a raconté des histoires qu’on leur a fait des dettes. Les dettes ne sont pas autre chose que les illusions matérialisées par une fuite en avant financière. Les dettes ce sont les illusions, la réalité c’est l’équilibre, et c’est ainsi qu’on aurait fait progresser le pays.
Nous croyons nous que tout est lié.Nous croyons qu’une vraie démocratie -on en est très loin France- est celle où les citoyens sont considérés comme des responsables, une vraie démocratie est celle qui définit et soutient les réformes courageuses, avec l’esprit de justice. Et tout cela se tient dans un projet de société.
Un projet de société pour la France et un projet de société pour l’Europe
Ce que nous disons pour la France est vrai pour notre Europe. Nous allons avoir devant nous un immense débat qui débouchera sur les élections européennes de juin 2009, un débat qui ne consistera pas seulement à prononcer de manière incantatoire le mot « Europe » mais à mettre un contenu à ce qu’ « Europe » signifie en termes de projet politique, de société et de civilisation.
Si, en effet, l’Europe n’a pas de projet différent des autres continents ou des autres grands modèles qui nous entourent et qui nous concurrencent, alors l’Europe ne subsistera pas. Ne gagneront que ceux qui auront un projet original. Si vous avez le même projet que les autres, vous disparaissez.
L’Europe n’existera que si elle a son projet propre en face des impératifs sociaux, des famines qui progressent, des guerres qui se développent. C’est là que nous allons porter notre attention et notre intuition.
C’est pour cela que nous sommes réunis, ensemble, c’est pour cela que le Mouvement Démocrate a vocation à exister, à définir un monde nouveau, différent. C’est pour cela que nous sommes le rempart du pluralisme et d’une démocratie rénovée en France. C’est pour cela que j’ai été si heureux de votre présence et c’est pour cela qu’ensemble nous allons conduire la construction du Mouvement Démocrate et sa proposition aux Français.
20:41 Publié dans Actualité nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : convention, elus, municipales, discours, bayrou
Intervention de François Bayrou en ouverture de la Convention des élus démocrates
L'objet de cette rencontre est de confronter les expériences de ceux qui ont mené des combats importants, dans de très grandes villes, ou des villes moyennes. Ils sont très nombreux dans la salle. Nous avons présenté, ce qui était un véritable exploit, trois cent cinquante listes autonomes, d dans des villes de plus de 10 000 habitants en France et beaucoup de villes où nous n'avions pas l'habitude d'avoir une représentation. Ces listes ont obtenu un score remarquable, puisque la moyenne des scores que nous avons obtenue atteint presque 16% des voix - 15,9% des voix - ce qui veut dire que, partout en France, cette présence nouvelle de ce mouvement nouveau a intéressé une partie substantielle des électeurs. Et nous avions plus de cent cinquante représentations sur des listes qui étaient des listes d'union parce que le principe que nous avions défendu était très simple : on peut travailler avec des élus même s'ils ne se présentent pas sous notre étiquette lorsque nous considérons qu'ils sont de bonne volonté, ouverts et que leur projet est compatible avec le nôtre. Et c'est ce qui explique que, dans un certain nombre de villes et même de grandes villes, nous avions en effet choisi de faire dès le premier tour des listes communes.
Cela a été un peu plus compliqué au deuxième tour, parce qu’il y a eu une re-bipolarisation au deuxième tour, qui est une bipolarisation presque automatique et, entre nous, qui ne correspond pas à la réalité profonde. Je veux vous en donner une preuve : dans toutes les communautés urbaines de France, dès l’instant que l’élection municipale a été finie, là où se prennent les décisions essentielles pour l’avenir des villes et celui des agglomérations, évidemment droite et gauche font des contrats politiques d’entente pour gérer les communautés urbaines. C’est le cas à Bordeaux et depuis hier c’est le cas à Marseille et pourtant, dans ces communautés urbaines-là, on a l’habitude des affrontements. Mais vous voyez bien ce qui se joue : dès l’instant que l’on prend en ligne de compte non pas les intérêts partisans, mais l’intérêt des citoyens, à ce moment-là, les élus sont bien obligés de se rendre compte qu’il n’y a pas entre eux ce fossé infranchissable qu’on décrit et que, au contraire, ils sont naturellement amenés à porter des projets ensemble.
Simplement, nous avons été peut-être un peu en avance, et nous avons eu du mal entre les deux tours – probablement ai-je une part de responsabilité – à faire entendre la voix de la raison là où ne s’exprimait que la voix de la passion et de l’affrontement. Ce qui nous a donné un entre-deux tours moins facile que nous ne l’aurions voulu.
Ce qui doit nous amener à réfléchir, et nous le ferons tout au long des mois qui viennent, aux contraintes particulières que représente une élection au scrutin majoritaire.
Mais des élections au scrutin majoritaire il y en a désormais peu devant nous puisque ce que nous allons vivre maintenant, ce sont des élections qui sont à la représentation proportionnelle, c’est-à-dire le seul scrutin juste. Les deux élections qui sont devant nous, ce sont les élections européennes d’un côté et les élections régionales de l’autre.
Ces deux élections offrent la place, en tous cas si l’on ne change pas le mode de scrutin puisqu’on nous annonce qu’il pourrait y avoir des manœuvres comme on est hélas ! habitués à en connaître depuis longtemps et comme on en a connu dans des épisodes récents. Des manœuvres supplémentaires pour faire que notre tâche politique soit rendue encore plus difficile dans l’avenir. En tous cas c’est ce qu’espèrent les promoteurs de ces manœuvres-là. Je veux simplement vous dire que la mission qui est la nôtre n’est pas une mission qui se détermine en fonction des intérêts partisans ou de carrière, personnels ou collectifs qui pourraient être les nôtres. Si vous êtes là, si nombreux, à ne pas pouvoir entrer dans la salle, ce n’est pas du tout parce que vous avez le sentiment qu’ici serait le chemin le plus facile pour avoir des galons sur les épaules ou des chapeaux chamarrés sur la tête. Si vous êtes là, c’est parce que vous considérez qu’il n’y a plus, désormais, qu’un mouvement politique qui soit le défenseur du pluralisme en France, et que c’est ici, au Mouvement Démocrate, que ce mouvement se trouve. Ce qui se joue, c’est une grande question et derrière cette grande question, il y a un choix de société.
Première grande question : est-ce qu’il n’y a pour la France, pour son avenir, pour le XXIème siècle, pour l’Europe, pour l’idée qu’on se fait du monde, que deux projets concurrents, celui de l’UMP et celui du Parti socialiste ? Ou est-ce que les citoyens ont droit à avoir un choix plus large et à ce qu’on leur propose au moins un troisième projet ?
Voilà la question centrale et pour moi la réponse est simple : il n’est pas possible qu’un pays comme le nôtre, qu'un un continent comme celui auquel nous appartenons, que le monde comme il se présente au XXIème siècle ne soient placés que devant deux projets. C’est comme si l’on voulait perpétuellement décrire l’univers en noir et blanc. Or nous, nous savons que l’avenir a besoin au contraire d’inventivité, de créativité, d’une nouvelle vision qui n’est pas résumable aux deux visions qui ont gouverné la fin du XXème siècle. La France, et l’Europe, et le Monde ont besoin qu’on leur propose un projet qui soit plus ouvert, plus équilibré, plus créatif, plus novateur que celui des deux partis dominants aujourd’hui. Et c’est la mission qui est la nôtre et
c’est celle-là que nous allons assumer.
Et nous avons la charge de présenter un projet de société alternatif aux deux projets actuellement, et je crois provisoirement, dominants.
Et derrière, il y a encore une question plus importante. C’est la question du pluralisme dans une démocratie comme la nôtre. Est-ce que tous ceux qui portent des attentes, des espoirs sociaux, environnementaux, économiques, politiques, différents de ceux dont hélas! On rebat les oreilles du pays depuis longtemps avec à chaque fois autant de fausses promesses et au bout autant de désillusions, est ce que ceux-là ont le droit de s’exprimer ou sont-ils obligés, au contraire, de se taire ? Serions-nous, dans notre pays, condamnés à n’avoir que deux bulletins de vote sur la table chaque fois que nous avons à nous exprimer par notre suffrage ?
Et je ne pense pas seulement à nous, je pense par exemple aux Verts qui sont aujourd’hui satellisés autour du PS sans que je sois sûr que leur message se résume exactement au message du PS, et à d’autres. J’entends que la voix des gaullistes est aujourd’hui complètement éteinte, mise en sourdine, alors que je pense qu’elle est une voix nécessaire pour l’avenir de notre pays comme elle a été nécessaire dans son histoire. Cette réflexion sur l’indépendance de la France n’appartient pas au passé, pour moi, elle appartient au présent et j’espère à l’avenir.
Est-ce qu’il n’y a plus que deux projets de société ou est-ce qu’on a le droit et le devoir d’en présenter d’autres, alternatifs. Cette question-là, ainsi que la question du pluralisme qui commande évidemment toute la question de nos Institutions, sont deux questions majeures pour l’avenir national.
L’Histoire, l’enchaînement des choses, ont fait que nous sommes aujourd’hui le seul mouvement politique à présenter cette alternative et à défendre ce pluralisme. Si nous renoncions à assumer la vocation, la mission qui sont les nôtres, alors cela en serait fait pour les décennies qui viennent de ce grand enjeu qui permet aux Français d’espérer porter un projet de société différent de ceux qu’on défend devant eux depuis des années et qui, lorsqu’il est dans la réalité, fait naître – comme vous le savez – des désillusions comme celles que nous avons sous les yeux.
20:26 Publié dans Actualité nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, discours, convention, elus
14.04.2008
Conférence de presse du 14 avril : "Ce combat n'est pas seulement pour nous, c'est un combat pour le pluralisme en France..."
Déclaration de François Bayrou (seul le prononcé fait foi) : "Mesdames, Messieurs, Je vous remercie d'avoir accepté cette rencontre. J'ai voulu vous dire quel est, à mes yeux, l'enjeu des semaines qui viennent pour le Mouvement démocrate et de la manoeuvre qui est engagée autour de lui. Depuis quelques jours, nous savons de manière certaine que des mouvements présentés comme internes, la mise en cause de la ligne d'indépendance de notre mouvement, n'avaient en réalité pas grand chose de spontané, qu'ils étaient dirigés et agités de l'extérieur, et pour parler clairement, de l'Elysée. Je veux vous dire ma réaction lorsque j'ai lu ces documents et les échos de presse nombreux qui les précédaient et qui, tous, allaient dans le même sens. Je me suis dit qu'on attendrait du président de la République, dans une telle période de crise financière, économique, sociale, d'éducation, qu'il s'occupe de l'essentiel pour le pays, et qu'il respecte tous ses concitoyens même s'ils ne sont pas d'accord avec lui.
Je me suis dit que l’intrigue, la déloyauté, le cynisme, ce n’était pas cela qu’on attendait des gouvernants en démocratie, surtout de ceux qui articulant une promesse illusoire, une de plus, affirmaient vouloir construire une « démocratie exemplaire ».
La manœuvre qui est préparée est d’une clarté biblique, pour ne pas dire d’une assez grande naïveté. Nous en connaissons désormais les tenants et les aboutissants.
Elle consiste primo : à « cibler » un certain nombre d’élus en leur promettant portefeuilles, galons et chamarrures, et à dresser ainsi les élus contre la volonté d’indépendance des militants.
Secundo : à essayer de déstabiliser le Mouvement démocrate en prétendant qu’on pourrait dans un illusoire retour en arrière faire revivre l’UDF d’antan, contre la décision solennelle de son congrès, en en faisant de nouveau l’allié inconditionnel du parti majoritaire.
Tertio : pour s’assurer de la manœuvre, que l’UDF serait attaquée dans son patrimoine, le patrimoine dont elle est dépositaire comme association, qui a été construit au fil du temps contre tous les assauts et toutes les menaces, sous ma présidence exclusivement, avec l’arrière-pensée que l’on puisse par le même moyen priver notre famille politique du financement public obtenu par ses candidats.
Quattro, enfin : que cette manœuvre conduirait à l’éclatement du Mouvement démocrate, à un pseudo « parti du centre » de plus, un satellite de plus autour de l’UMP, pour noyer la voix originale du Mouvement démocrate dans les sables mouvants d’un centre inféodé. Le but étant d’obtenir le plus grand nombre possible de faux centres de manière à faire croire qu’il n’en existe vraiment aucun…
Cette manœuvre s’accompagne, annonce -t-on ouvertement, d’un changement du mode de scrutin pour les élections régionales, destiné, croient-ils, à nous empêcher de trouver notre place dans cette élection.
Cet ensemble de manœuvres, je ne le laisserai pas se dérouler sans réagir.
Car il y va d’un immense enjeu, d’un enjeu bien plus important que l’existence d’un parti ou le combat d’un homme ou d’une équipe.
Le but de cette manœuvre, c’est qu’il n’y ait pas en France de centre indépendant, de courant démocrate pour offrir un choix nouveau à notre pays.
Le fond de cette manœuvre, c’est de mettre un terme définitif au pluralisme dans notre pays, en éliminant ceux qui lui résistent, et d’instaurer une fois pour toutes le bipartisme à l’américaine, deux partis et deux seuls, avec quelques satellites décoratifs pour sauver les apparences.
Si cette manœuvre réussissait, cela voudrait dire que les Français seraient à l’avenir condamnés à choisir à tous coups, entre l’UMP et le PS, l’UMP et ses satellites et le PS et ses satellites.
Il n’y aurait donc plus de recours pour tous ceux qui estiment qu’il peut arriver, et qu’il arrive souvent, que l’UMP et le PS se trompent tous les deux !...
Il n’y aurait plus de solution, plus d’espoir, pour tous ceux qui pensent, qui savent, qu’un grand pays moderne, avec sa complexité, dans les temps si bouleversants , si bouleversés que nous vivons, ne peut pas avoir, pour son avenir, le choix qu’entre deux options.
Cela n'existe d'ailleurs dans aucun pays du monde.
Le combat que nous allons conduire pour sauvegarder et garantir la pleine indépendance, l’autonomie de pensée et de choix du Mouvement démocrate, ce combat n’est pas seulement pour nous, c’est un combat pour le pluralisme en France.
De ce combat, j'en suis persuadé depuis longtemps, le jour où il aura été conduit à son terme, d’autres courants politiques profiteront et ce sera un bien.
Et c’est d’autant plus important, cette défense du pluralisme, au moment de l’histoire où nous sommes, au moment où le projet qui fut porté par Nicolas Sarkozy révèle se révèle, dans son erreur de jugement, et souvent dans sa mystification.
Tout montre, je le dis avec gravité, que la France va dans le mur, avec une dégradation parallèle et accélérée de la situation économique, financière et sociale.
Un certain nombre des fondamentaux qu'a choisis Nicolas Sarkozy sont préoccupants pour notre pays.
Je veux en citer quatre exemples, de désaccords profonds :
Nous sommes en désaccord depuis le premier jour avec la politique qui a été choisie pour les finances publiques de notre pays, qui a consisté à laisser croire follement, pendant des mois, que l’équilibre se retrouverait par la distribution d’argent facile, en particulier par des avantages fiscaux pour ceux qui étaient déjà les plus favorisés. Cette politique de légèreté, en peu de mois, a conduit à un déficit de dix milliards d’euros supérieur au déficit de l’année précédente. Cette politique « keynésienne », ou pseudo-keynésienne, qui est, disons-le en passant, traditionnellement, la politique même du parti socialiste, va déboucher sur un accident économique et budgétaire sans précédent car il n’y a plus de marge de manœuvre, et il n'y a plus de soupape d'échappement.
Nous sommes en désaccord avec les fausses promesses et nous craignons la crise sociale qu’une telle déception peut entraîner. On a promis, pendant la campagne présidentielle, à des Français qui l'ont cru, tout et le contraire de tout : on a promis l’augmentation du pouvoir d’achat ; on a promis qu’on rendrait aux Français 68 Milliards d’euros ; on a promis le Revenu de solidarité active pour les plus pauvres ; on a promis des droits sociaux supplémentaires ; on a promis que l’éducation serait la priorité de la nation. Aucune de ces promesses n’a été respectée et aucune ne le sera car leur addition était en soi intenable, comme je l'ai dit pendant la campagne présidentielle. Leur addition était intenable étant donné la situation du pays. Mais on a appliqué la vieille loi qu’on enseignait dans les Hauts-de-Seine : « les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent ». Cet abus de promesses a nourri le risque d’une crise sociale, la pauvreté gagnant, et les classes qu’on appelait hier moyennes étant de plus en plus exposées, aussi bien aux franchises, qu’à l’augmentation des produits de première nécessité comme le gaz, ou à un appel général aux mutuelles. Je ne sais pas quelle forme peut prendre cette crise sociale, mais à l’état endémique, cette crise sociale est le fond de l’humeur de notre pays.
Nous sommes en désaccord avec ce que Nicolas Sarkozy a choisi de faire de la fonction présidentielle. Et nous avons une tout autre idée de ce que doit être le président de la République. Pour nous, le président de la République, c’est l’homme de la nation et non pas l’homme d’un parti ou d’un clan. Il est pour nous incompatible avec l’idée de la fonction d’imaginer que le président de la République puisse, au vu et au su de tout le monde, présider au comité qui organise la majorité. Cela veut dire qu’il est le représentant de ses partisans, et non pas le représentant du pays tout entier. Or dans les mois et les années qui viennent, plus que jamais, le pays a besoin d’un président qui soit au-dessus des intérêts et des contingences des partis. Car les problèmes qui viennent ,menacent la nation tout entière, dans sa substance, dans son tissu social, dans son unité.
C’est la fonction symbolique du président de la République qui est en jeu. Je sais bien que nous sommes dans un temps où certains croient que « symbolique » signifie « de peu d’importance ». Le ministre de la Défense a récemment déclaré ainsi que vraiment le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN « était une affaire purement symbolique ». Or les peuples et les hommes, et tous les temps sont là pour le confirmer, n’ont cessé d’éprouver que le symbolique était au contraire essentiel, au sens le plus lourd du terme.
C’est pourquoi , quatrième sujet de préoccupations urgent, nous nous battrons de toutes nos forces pour persuader notre pays et l’ensemble des décideurs que cette décision de faire rentrer la France dans la structure intégrée de l’OTAN est une faute pour notre pays. C’est la perte d’un atout, symbolique et donc décisif, pour son identité, pour sa voix singulière dans le monde et en Europe. Depuis des décennies, et particulièrement durant ces dernières années, un équilibre avait été trouvé qui répondait au double intérêt de notre pays : nous étions des partenaires dans l’alliance atlantique, capables de participer chaque fois que nous l’estimions juste et nécessaire, comme on l'a vu lors de la première guerre du golfe, come on l'a vu dans les Balkans, comme on l'a vu en Afghanistan. Mais nous affirmions en même temps notre singularité, notre capacité de dire non, haut et fort, haut et clair, et le monde entier le savait, le monde entier en tout cas l’a vérifié au moment du « non » retentissant que la France de Jacques Chirac a opposé à la décision américaine d’envahir l’Irak. C’est un abandon historique qui est en train de se préparer ici et le fait que cet abandon soit, en effet, symbolique, s’entendra dans le monde entier et chacun prendra acte de ce que la France est redevenue pays comme les autres.
Et c’est grave pour le destin de l’Europe. Les choses étant aujourd’hui ce qu’elles sont, c’est l’indépendance de la France qui garantissait l’authenticité de l'indépendance de l’Europe. Différents, nous étions la quille du bateau. Rentrés dans le rang, le bateau n’aura plus de quille : nous n’aurons plus les moyens de nous opposer au conformisme de l’alignement. Il a été surabondamment montré, ces dernières années, que les alliés les plus proches, les plus anciens des Etats-Unis, les plus intimes, et Tony Blair au premier rang, n’avaient aucune capacité d’influer dans les moments cruciaux sur les décisions de la première puissance du monde. L’Europe n’a pas , pour nous, à solliciter la permission d’exister. C’est le contraire. La volonté d’exister s’affirme, mais ne se sollicite pas.
Il est donc d’importance nationale que les Français, quand ils auront constaté l’échec inéluctable de la majorité, ne soient pas contraints, obligés de se livrer au Parti socialiste comme il est aujourd’hui, et dont un certain nombre d’orientations méconnaissent et risquent d’aggraver la réalité du pays.
En tout cas, il est d’importance nationale que le moment venu, les Français aient le choix. Qu’ils se voient offrir un choix réel entre des voies de recours différentes.
Il est d’importance nationale autrement dit, qu’une alternative démocratique soit construite et présentée aux Français.
La France, dans sa démocratie, dans sa gestion, dans ses priorités, dans sa vie sociale, économique, dans sa vie internationale a besoin d’un autre projet .
Mais ce projet ne pourra être défini, porté et défendu que par un mouvement politique assuré de lui-même, décidé à résister aux menaces et aux tentations, où les élus sont en phase avec les adhérents et les militants, et où les militants eux-mêmes sont cohérents.
C’est pourquoi je conduirai sans faiblir la contre-attaque contre ces manoeuvres. Si c’est d’un combat qu’il s’agit, ce combat, nous allons le mener.
J’ai décidé d’en appeler aux adhérents, aux militants et aux sympathisants du Mouvement démocrate. C’est l’heure de la grande clarification pour échapper aux tentatives de déstabilisation et pour construire un mouvement cohérent.
Je le dis aux adhérents qui ont fait le Mouvement démocrate : c’est maintenant à vous de vous exprimer. C’est votre détermination qui fera tranquillement échec à toutes les manœuvres, d’où qu’elles viennent. Je vous appelle à exprimer votre conviction, à prendre à votre tour les choses en main.
Je vais donc soumettre au suffrage des adhérents, dans une consultation à laquelle chacun sera associé, un texte d’orientation qui ne laissera aucune place à l’ambiguïté. Et j’invite tout dirigeant qui ne serait pas d’accord avec la ligne d’indépendance que je défends à soumettre sa propre motion aux adhérents. Alors nous compterons les soutiens. C’est maintenant, devant nos adhérents et militants que tout débat doit être conduit et tranché.
Cette clarification devra être accomplie avant l’été pour que cessent les manœuvres de déstabilisation. Le 26 avril devant ceux qui ont porté nos couleurs aux élections municipales, le 14 mai devant notre conseil national, nous fixerons les conditions de cette consultation en même temps que le calendrier et les conditions de l’élection de nos instances locales.
Pour moi, les choses sont claires : je n’accepterai plus ni manœuvres internes, ni déstabilisation externe, ni le bazar. C’est vers nos adhérents que je me tourne. Il faut leur exposer clairement et nous le ferons, les données de la situation. Et il faut leur faire confiance pour trancher, pour fixer une fois pour toutes le cap et les règles, et donc le destin, de notre mouvement."
21:23 Publié dans Actualité nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, Élysée, modem
08.04.2008
Paris s'enflamme pour les droits de l'Homme en Chine et au Tibet
Lors du passage de la flamme olympique à Paris lundi 7 avril, les policiers ont arraché les fanions Reporter Sans Frontière brandis par un groupe de militants du Mouvement Démocrate.
Marielle de Sarnez ne s'est pas laissée faire et a conservé son drapeau en mains. "Dans quel pays sommes nous pour qu'on confisque un drapeau dans une manifestation pacifique", a-t-elle demandé, affirmant que "la France s'honorerait à parler plus fermement du Tibet".
Un peu plus loin, des Tibétains ont été refoulés par la police tandis que des manifestants pro-chinois agitaient des drapeaux de la République populaire de Chine.
Par ailleurs, des députés de toutes sensibilités politiques ont manifesté lundi après-midi pour le respect des droits de l'Homme en Chine lors du passage de la flamme olympique devant le Palais-Bourbon. Trente-cinq d'entre eux sont sortis sur le mur d'enceinte de l'Assemblée au moment du passage de la flamme. Les manifestants, dont certains étaient ceints de l'écharpe tricolore et agitaient des drapeaux tibétains, ont crié "Liberté pour le Tibet" et chanté "La Marseillaise".
Une banderole "Respect des droits de l'Homme en Chine" avait été placée sur le mur. Sur le quai, des manifestants pro-tibétains ont repris le slogan, couvrant de leurs voix quelques dizaines de partisans du régime de Pékin installés au coin du quai Anatole-France et du boulevard Saint-Germain.
Parmi les députés manifestants se trouvaient Jean-Marc Ayrault (PS), Françoise de Panafieu (UMP), Jean-Christophe Lagarde (Nouveau centre) ou encore Yves Cochet (Verts).
Enfin, le député Nouveau Centre Jean-Christophe Lagarde a adressé une lettre à Michèle Alliot-Marie, réclamant à la ministre de l'Intérieur "des précisions" sur la confiscation des drapeaux tibétains par les forces de l'ordre, lors du passage de la flamme olympique à Paris.
"Le passage de la flamme étant un moment hautement symbolique, il paraît légitime de laisser les opinions s'exprimer. Or, aujourd'hui des drapeaux tibétains ont été confisqués à des manifestants", écrit M. Lagarde.
Dans ce courrier, rendu public lundi, le député-maire de Drancy (Seine-Saint-Denis) souhaite "obtenir des précisions quant au fondement légal sur la base duquel ces décisions ont pu être prises", d'autant plus que "les drapeaux chinois eux n'ont jamais été confisqués aux manifestants qui pouvaient les brandir".
"Que des atteintes à la liberté d'expression soient courantes dans un pays comme la Chine n'est point surprenant, vous comprendrez notre indignation à voir de telles actions s'opérer dans la capitale de la patrie des droits de l'Homme", ajoute M. Lagarde.
10:47 Publié dans Actualité nationale | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : jeux olympiques, droits de l'homme, pékin
07.04.2008
La flamme olympique à Paris.

14:48 Publié dans Actualité nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jeux olympiques, droits de l'homme, pékin
01.04.2008
Conseil Municipal du 21 février 2008
La majorité municipale ayant le monopole de l'action puisqu'elle en détient tous les leviers de commande, il ne reste souvent à l'opposition que le "ministère de la parole".
Soit en faisant des déclarations publiques en Conseil Municipal, sous forme de protestations, d'affirmations de convictions ou de propositions quand on lui en donne les moyens (notamment en terme d'information).
Soit, en prenant le temps de la réflexion et d'une information plus complète, afin d'éclairer les citoyens sur les décisions qui sont prises.
Une des missions de ce blog sera d'assurer une contre-information et un commentaire des séances du Conseil Municipal pour permettre une juste appréciation des décisions prises.
En dehors des nominations qui ont occupé l'essentiel de la séance, deux questions ont fait débat lors de la séance du 21 mars.
La première concernait une décision du Maire attribuant à une association culturelle musulmane l'usage exclusif d'une salle polyvalente municipale.
La simple juxtaposition des termes "usage exclusif" et "salle polyvalente" pour le même lieu pose déjà problème puisque la polyvalence implique justement l'ouverture à tous pour des activités très diverses. Notre maire joue d'ailleurs sur les mots puisqu'il affirme que l'association en question y organisera des activités variées en dehors de la prière. Il n'empêche qu'une salle à usage exclusif ne peut pas être qualifiée de polyvalente.
Ce qui pose problème c'est que cette salle a été présentée, très discrètement d'ailleurs, comme telle à la population drancéenne et qu'en même temps elle a, encore plus discrètement, été présentée aux musulmans et inaugurée comme une mosquée.
Monsieur le Maire prétend que ce n'est pas du double langage électoraliste (plaire aux musulmans sans déplaire à son électorat hostile aux musulmans) mais de la prudence pour ne pas attiser les tensions entre communautés. C'est louable de sa part mais, dans son cas et en période électorale, on peut supposer que la première motivation n'était pas absente non plus.
Autre problème sur cette question qui a fait l'objet de plusieurs interventions de l'opposition : le loyer demandé à l'association (4000 euros mensuels) dont on peut se demander s'il sera dans les moyens des musulmans de Drancy, qui ne sont pas connus comme une catégorie fortunée de la population drancéenne.
Suite à une question de Jean-Pierre Capmeil, conseiller municipal MoDem, le maire a précisé qu'en cas de non paiement, le locataire défaillant sera expulsé. Concernant la période de location (six ans renouvelables), le Maire considère que la date choisie (un mois avant chaque élection municipale) garantit une jouissance permanente de cette salle à l'association en question sans les inconvénients de certains bails qui mettent les frais d'entretien à la charge du locataire.
La deuxième question qui a fait débat a été celle du reversement de l'écrêtement de l'indemnité du Maire.
Du fait de ses mandats multiples l'indemnité de Monsieur Lagarde est plafonnée et les sommes dépassant le plafond sont reversées à certains adjoints. En réponse à une demande d'explication de Gilles Saulières, conseiller municipal socialiste, concernant le reversement au deuxième (M. Anthony Mangin) et au neuvième adjoint (Mme Aude Lavail), Monsieur le Maire a répondu que la présence a plein temps de certains adjoints était indispensable.
Certes, mais alors plusieurs questions se posent.
Pourquoi ces deux adjoints là en particulier ?
La charge de travail lié à leur délégation est-elle beaucoup plus lourde que les onze autres adjoints qui n'en bénéficient pas ?
Autre question : si ces deux adjoints doivent assurer une présence à plein temps, leur indemnité devrait être égale.
Pourquoi alors est-ce le neuvième adjoint qui a déjà un autre mandat de conseiller régional (donc a priori, le moins disponible des deux) qui touche les 3/4 de la somme dépassant le plafond, alors que le deuxième adjoint, le plus disponible des deux touche 1/4 de cette somme ?
Comme disait Coluche, tout les hommes sont égaux, mais certains sont plus égaux que les autres ...
Si on veut être charitable, on dira que l'explication donnée est au minimum incomplète.
Si on veut être plus perspicace, on considèrera cette explication comme un écran de fumée destiné à masquer les véritables motivations qui tiennent visiblement plus à la situation personnelle des élus en question qu'à la charge de travail ou au temps de présence en mairie.
16:40 Publié dans Actualité locale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : conseil municipal, mosquée, écrêtement
Double vie, double personnalité ou double langage ?
M. Lagarde a-t-il une double vie ?
En effet, il a affirmé, avec justesse, vendredi 21 mars en Conseil Municipal, qu'être Maire de Drancy est un travail à plein temps.
Deux jours plus tard, il confiait à la presse qu'il "envisage sérieusement" de briguer la tête du Nouveau Centre, ce qui ne constitue "pas un job à plein temps mais presque".
On peut donc légitimement se demander lequel de ces deux "jobs" il va sacrifier s'il parvient à prendre la présidence du Nouveau Centre.
Mais bien sûr, comme trop de politiciens, ce discours ne s'applique qu'aux autres. Il ne sert qu'à "déboulonner" son collègue et ami (?), Hervé Morin, qui brigue un nouveau mandat de Président du Nouveau Centre tout en voulant rester Ministre.
Mais M. Lagarde a aussi une double personnalité.
Comme Jeanne d'Arc voulait "bouter les Anglais hors de France", il a une obsession : "bouter" les socialo-communistes hors du maximum de municipalités de Seine-Saint-Denis.en particulier dans les communes voisines (Bobigny et Blanc-Mesnil) où il s'est beaucoup investi, sans succès, pour faire gagner ses poulains.
Mais à Noisy-le-Sec, où une majorité pas très différente de la sienne était aux affaires, il a soutenu une candidature dissidente et contribué à la défaite de Nicole Rivoire, maire sortante au profit des fameux "socialo-communistes".
Curieux, non ?
Pas tant que cela, en fait.
Pour Bobigny et Blanc-Mesnil, il s'agit d'étendre l'intercommunalité Drancy-Le Bourget afin de donner plus de moyens d'action à nos villes (projet louable) et accessoirement plus de poids politique au Président de la structure intercommunale (uniquement pour l'intérêt général, bien entendu, pas pour de simples et vulgaires ambitions personnelles).
Pour Noisy-le-Sec, qu'on pouvait pourtant imaginer entrer dans cette intercommunalité élargie, le fait que l'ex-maire de cette ville soit la Présidente du MoDem 93, est évidemment un pur hasard ...
M. Lagarde aurait-il aussi un double langage ?
11:22 Publié dans Actualité locale | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : lagarde, drancy, nouveau centre





