17.12.2008
Encore un effort pour être démocrate, Camarade Lagarde !
Depuis la retraite de Maurice Nilès en 1997, Jean-Christophe Lagarde se vante régulièrement d'en être le digne héritier.
Lors des élections municipales de 2001, il a effectivement réussi une captation d'héritage face aux "héritiers" politiques peu crédibles de Maurice Nilès.
Il a cherché ainsi à récupérer la popularité de celui qui fut Maire de Drancy depuis 1959 et qui affichait en certaines occasions une relative autonomie vis-à-vis du Parti du fait de son aura de Résistant. Il s'inspire aussi de celui qui fut député de Drancy-Bobigny de 1958 à 1986 lors d'élections législatives où il n'a objectivement pas intérêt à afficher sa couleur politique dans une circonscription "de gauche" comme le montrent les scrutins nationaux.
Mais, quand on pratique Jean-Christophe Lagarde régulièrement, on se rend compte que sa conception même de la politique et de la démocratie est très marquée par ses années d'apprentissage dans le Drancy de Maurice Nilès.
Il est d'ailleurs le premier à se référer à Maurice Nilès, à la fois pour s'en servir de modèle mais aussi pour se donner par comparaison une image de démocrate, selon le refrain bien connu : vous ne savez pas ce que c'était d'être opposant à Maurice Nilès, car si vous aviez subi ce que j'ai subi vous ne vous plaindriez pas de ce qu'on veut bien vous accorder.
Certes, toutes proportions gardées, le Drancy d'aujourd'hui est à la Russie de Poutine ce que le Drancy de Maurice Nilès était à l'Union Soviétique. Effectivement, la Russie d'aujourd'hui est un régime qui, au moins dans la forme, est plus démocratique que l'URSS, un régime où la liberté d'expression est, en principe, garantie. Toutefois, les opposants, pour de multiples raisons qui tiennent à leur médiocrité crasse selon M. Poutine, y ont beaucoup de mal à s'y exprimer. Mais le régime continue à fonctionner, sur bien des points, de la même manière que par le passé.
Au fond, M. Lagarde est une sorte de croisement improbable entre Maurice Nilès et Nicolas Sarkozy : la même conception offensive du combat politique que ses deux modèles, la jeunesse et l'énergie de Nicolas Sarkozy d'un côté, des convictions fortes et un enracinement drancéen comme Maurice Nilès de l'autre.
Alors certes, Maurice Nilès et Nicolas Sarkozy sont des hommes qui ont des qualités évidentes mais sont-ils pour autant des modèles de démocrates dans leur manière d'exercer le pouvoir ?
Par ailleurs, on peut s'étonner que quelqu'un qui se réclame du centrisme ait de tels modèles et une conception aussi "bloc contre bloc" de la politique. Surtout de quelqu'un qui à certains moments s'imaginait pouvoir travailler avec M. Strauss-Kahn, mais j'oublie que c'était du temps où M. Lagarde était bayrouiste parce que, jeune loup de l'UDF, il se voyait bien placé en cas de victoire de son favori affiché.
Mais Monsieur Lagarde arrive à un âge où les jeunes loups se transforment en vieux renards. Ainsi, il pratique une sorte de "compromis historique" à la drancéenne : l'alliance objective entre le centre-droit et la gauche communiste. C'est une politique qui a déjà été pratiquée dans les années soixante entre le pouvoir national gaulliste et le pouvoir local communiste dans la "banlieue rouge". Chacun chez soi afin qu'il n'existe jamais rien sur l'échiquier politique entre nous avec comme seul mot d'ordre : mort aux centristes et aux socialistes !
Il est assez comique de voir en conseil municipal les "minauderies" que M. Lagarde fait à Madame Assassi, qui a certes l'avantage aux yeux de notre député-maire d'être sénatrice communiste, ce qui lui donne une envergure tout autre que ses acolytes. De même, M. Valdenebro, élu historique de Lutte Ouvrière (notre "Arlette" à nous en quelque sorte) a le droit à une complaisance amusée de M. Lagarde tant il est parfait dans son rôle d'opposant jovial et inoffensif.
Par contre, curieusement (mais est-ce si curieux ?), M. Saulière élu socialiste et moi-même, qui objectivement sommes moins éloignés politiquement de M. Lagarde, avont le droit régulièrement aux sarcasmes, ou aux corrections selon notre conduite. Et M. Lagarde adore nous brosser en complices cachés sans autre conviction que de s'entendre pour lui prendre sa place, comme M. Bayrou n'aurait qu'un rêve : prendre la place de "Nicolas" en s'entendant avec "Ségolène".
Alors, j'avoue, Monsieur le Juge : en parfait centriste fidèle, moi, à ce que François Bayrou affirme depuis des années, je suis près à m'entendre sur un projet avec des hommes de bonne volonté à gauche et à droite qui pensent qu'il y a des bonnes idées et des gens ouverts à droite et à gauche. C'est pourquoi, les candidats MoDem peuvent s'entendre à certains endroits avec une gauche ouverte et à d'autres endroits avec une droite intelligente. Leur projet ultime est même de s'entendre avec une gauche ouverte et une droite intelligente en même temps sur un projet utile à ceux que nous sommes censés représenter.
Mais le Mur de Berlin dans les têtes politiques (pas chez les électeurs), renforcé par un système électoral inique, est encore bien en place, ce qui rend le combat difficile mais toutefois indispensable car toutes les énergies sont nécessaires pour relever notre pays.
P. S. (non, M. Lagarde, il ne s'agit pas d'une convergence cachée avec le PS) : M. Lagarde adore me décrire en faux centriste et en vrai socialiste (en citant les plus sectaires d'entre eux, bien sûr). Une précision pour régler la question définitivement (on peut rêver ...). Le goût précoce pour la politique et quelques années de plus que M. Lagarde font que j'avais des opinions centristes avant même la naissance de M. Lagarde et alors qu'il courrait encore en culotte courte. J'ai ensuite rejoint le PS quand celui-ci voulait "changer la vie" et dans lequel se trouvaient Michel Rocard et Jacques Delors (personnalités socialistes sectaires comme chacun sait ...). Quand Michel Rocard a été "remercié" par François Mitterrand, j'ai quitté le PS (c'était il y a 17 ans tout de même). J'ai voté pour M. Lagarde en 2001 et pour des candidats centristes depuis. Bref le parfait "sous-marin" rose comme vous le voyez. Donc contrairement à ce qu'affirme M. Lagarde, je n'ai pas quitté le socialisme pour y revenir un jour selon ma pente naturelle mais j'ai quitté mon terreau familial démocrate-chrétien pendant quinze ans avant d'y revenir progressivement quand le centrisme est redevenu fidèle à ses idées humanistes et qu'il a arrêté de ne marcher que sur sa jambe droite ...
17:49 Publié dans Actualité locale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lagarde, démocratie, pc, lo, centrisme, ps





