27.11.2008
DEVINETTE ...
CITATION :
"Que peut-il ?
Tout.
Qu'a-t-il fait ?
Rien.
Avec cette pleine puissance, en huit mois un homme de génie eût changé la face de la France, de l'Europe peut-être.
Seulement voilà, il a pris la France et n'en sait rien faire.
Dieu sait pourtant que le Président se démène : il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète ; il cherche à donner le change sur sa nullité ; c'est le mouvement perpétuel ; mais, hélas ! cette roue tourne à vide.
L'homme qui, après sa prise du pouvoir a épousé une princesse étrangère est un carriériste avantageux.
Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir.
Il a pour lui l'argent, l'agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort.
Il a des caprices, il faut qu'il les satisfasse.
Quand on mesure l'homme et qu'on le trouve si petit et qu'ensuite on mesure le succès et qu'on le trouve énorme, il est impossible que l'esprit n'éprouve pas quelque surprise.
On y ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux pieds, lui rit au nez, la brave, la nie, l'insulte et la bafoue !
Triste spectacle que celui du galop, à travers l'absurde, d'un homme médiocre échappé ."
VOUS PENSIEZ A QUI ?
En fait il s'agit d'un texte de Victor HUGO, dans " Napoléon, le petit ".
Etonnant, non ?
16:22 Publié dans Actualité nationale, Humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkosy, napoléon
05.09.2008
Interview de François Bayrou dans Libération : «Le Président agit comme s'il n'avait pas de comptes à rendre»
"François Bayrou ouvre demain l'université d'été du Modem qui se tiendra jusqu'à dimanche à Cap Estérel (Var). Il dénonce «les abus devenus monnaie courante» de la présidence de Nicolas Sarkozy." Retrouvez l'intégralité de l'interview de François Bayrou dans Libération en cliquant sur cet article ou sur le site www.libération.fr
Christophe Forcari : Aujourd’hui, le Modem est-il le dernier recours pour les électeurs du Parti socialiste ?
François Bayrou : Evitons les jugements excessifs. Les positions que je défends sont inspirées par une certitude : pour faire un grand pays, dans la crise où nous sommes, il faut qu’il soit juste et respecte les principes d’une démocratie de plein exercice. En France, tout le contraire se déroule sous nos yeux, au grand étonnement de beaucoup de Français. Ils cherchent un recours, se demandent qui résiste et cherchent un autre chemin. C’est au nom de ces personnes que je m’exprime. Je n’oublie pas que, parmi ces Français qui s’inquiètent et parfois se désespèrent, il y en a beaucoup qui sont proches des valeurs et des idéaux de la gauche. Je parle aussi en pensant à eux. Mais je connais beaucoup de gaullistes qui ont un grand désarroi. Ce n’est pas affaire d’étiquette, puisque les dérives touchent des valeurs essentielles de la France. Quant au Parti socialiste, bien sûr, il traverse une crise grave dont chacun peut mesurer l’importance.
CF : Cette crise laisse le champ libre au Modem…
FB : Une analyse superficielle de la crise interne du PS conduirait à penser qu’elle se limite à une affaire de personnes, qu’il y a, en son sein, des "malfaisants», comme a dit l’un d’eux, des rivalités impossibles à maîtriser. A mon sens, ce n’est que la surface des choses. Ce qui est en cause, c’est l’idéologie même du PS, déracinée aujourd’hui de la réalité historique de la société française. Qui parmi les dirigeants socialistes pourraient aller à la télévision pour affirmer que le socialisme constitue l’avenir de la France ? Aucun. C’est ce déphasage idéologique dans un parti où l’idéologie était très importante qui, je crois, explique la crise.
CF : Quelle est l’alternative proposée par le Modem ?
FB : Si j’essaye de comprendre ce que veulent les Français au fond, je pense qu’ils veulent simplement une société humaniste. En politique, je ne connais pas de meilleur mot pour traduire ce mot «humaniste» que «démocrate». Alors, il faut en dire les principes. D’abord, mobiliser tous les moyens pour rendre la société française plus créative, non seulement en termes d’entreprises mais aussi dans le domaine de la recherche et celui de la culture. Ensuite, il faut que cette société soit juste. Plus la crise s’accentue, plus il faut d’équité dans les efforts demandés à chacun. Evidemment, l’actuel gouvernement a fait tout le contraire depuis un an et demi. Tous les détenteurs d’un livret, d’une assurance-vie ou d’un bien immobilier loué participeront au financement du RSA [revenu de solidarité active, ndlr] à l’exception des 300 000 foyers fiscaux les plus fortunés, protégés par le prétendu bouclier fiscal. Cette société créative, elle doit être durable, soutenable. Et cette pérennité porte autant sur le patrimoine écologique que sur la solidarité entre générations. Ce n’est pas durable si on transfère aux générations suivantes des charges insupportables, comme des océans de déficits publics. La France doit avoir conscience que ce modèle créatif, juste et durable, c’est une proposition universelle. Ce n’est pas une adaptation au modèle «américain» qui domine la mondialisation. C’est une résistance à cette domination. Et c’est pourquoi la France porte aussi un modèle européen, une certaine idée de l’Europe indépendante et forte. Dieu sait que ces jours-ci, du côté de la Chine ou de la Russie, tout nous montre l’urgence européenne. Enfin, dernier point, cette société doit offrir le visage d’une démocratie de plein exercice, inspirant la plus grande confiance à chaque citoyen.
CF : La France de Nicolas Sarkozy ne l’est pas ?
FB : Elle représente aujourd’hui tout le contraire de la démocratie exemplaire qu’on nous promettait. Regardez l’affaire Tapie. A mon sens, c’est le plus gros détournement d’argent public opéré uniquement sur une décision purement politique. Les auditions qui ont débuté à l’Assemblée nationale l’ont déjà largement montré. Le fichier Edvige est sans exemple dans les autres pays d’Europe. C’est un instrument de violation de la vie privée que l’on met entre les mains de l’exécutif. Sans parler de l’affaire corse, qui montre désormais qu’il existe un délit de lèse-copain de sa majesté comme autrefois le délit de lèse-majesté. Et j’en passe et des meilleures. Ce sont autant d’atteintes sournoises aux règles qui permettent de vivre ensemble en confiance, c’est-à-dire aux principes même de la République. Le président de la République agit comme si le pouvoir n’avait de comptes à rendre à personne, car tel est son bon plaisir.
CF : François Bayrou, premier opposant au chef de l’Etat ?
FB : Je ne fais pas de classement. Quand l’essentiel est en jeu, l’opposition et la volonté de résistance s’imposent comme des devoirs. Ce n’est pas confortable de dire non, c’est une épreuve quotidienne, mais il n’est pas possible de laisser la France devenir un pays où les abus deviennent monnaie courante dans tous les domaines. Mais je crois être entendu, même par des gens qui croyaient à l’existence de véritables gouffres idéologiques entre nous.
CF : Le Modem a-t-il vocation à rassembler les centristes éparpillés ?
FB : Le moment venu, ceux qui sont de bonne foi se retrouveront, je n’en doute pas. Je suis content de voir, par exemple, que dans l’affaire Tapie, comme avant 2007, Charles de Courson [député du Nouveau Centre] et moi défendons le même point de vue. Mais les rassemblements ne doivent pas être des affadissements. Quand l’essentiel est en jeu, il importe de faire des choix tranchés et de réaffirmer ses principes. A ce moment-là, on devient audible.
09:48 Publié dans Actualité nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkosy, modem
28.06.2008
"On a rarement vu un plan aussi déterminé de mise sous contrôle de la télévision, le service public devient directement dépendant de l'Etat."
Nicolas Sarkozy a annoncé la fin de la publicité à la télévision publique, après 20H00 dès janvier 2009 et totale à partir de décembre 2011.
Il a proposé de compenser la perte du chiffre d'affaires publicitaire par une taxe de 0,9% sur les opérateurs de téléphonie et d'internet.
Il veut par ailleurs que le président de France Télévisions soit à l'avenir nommé par l'exécutif.
François Bayrou a dénoncé mercredi un plan de mise sous contrôle de la télévision, en réaction aux mesures annoncées par Nicolas Sarkozy.
"Tout ceci serait impossible dans des démocraties de plein exercice. On a rarement vu un plan aussi déterminé de mise sous contrôle de la télévision. Le service public devient directement dépendant de l'Etat: son patron va être nommé par le pouvoir, et ses financements dépendront chaque année du bon vouloir des gouvernants. Quelle marge de liberté restera-t-il à la télévision? Dans le même temps, les chaînes privées reçoivent la manne publicitaire qui se portait autrefois sur le service public, et pour leur permettre d'améliorer leur bilan, on leur offre la possibilité d'une deuxième coupure, qui double le temps de publicité le plus lucratif. C'est le consommateur qui va payer tout cela au travers de ses communications téléphoniques et des services internet."
10:43 Publié dans Actualité nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, media, sarkosy
18.01.2008
Il manque à la France "un président sage" qui la protège contre "l'actionnite désordonnée".
Dans un entretien à l'hebdomadaire L'Express paru ce jeudi, François Bayrou affirme: "Ce n'est pas je communique à tout va, mais j'inspire confiance. C'est s'arrêter pour réfléchir, c'est se protéger et protéger le pays contre l'actionnite désordonnée. Laisser à d'autres le court terme, et penser le long terme". Selon lui, "ce type de président, un président sage, manque cruellement à la France". Il estime notamment que "remettre en cause le principe de la laïcité, c'est ouvrir la boîte de Pandore". "La fonction présidentielle, ce n'est pas s'occuper de tout, mais de l'essentiel" a-t-il rajouté.
L’Express : À quoi pouvez-vous servir aujourd’hui ?
François Bayrou : À y voir le plus clair possible sur ce que la France est en train de vivre. Et à préparer un autre projet de société.
Comment définiriez-vous le Sarkozysme ?
D’abord un projet politique : l’alignement de la France, le plus vite possible, sur le modèle de société qui domine la mondialisation, le modèle américain. Ensuite, une conception du pouvoir, qui tire la fonction présidentielle vers le star system, la société du spectacle, et la connivence avec les puissants, les plus riches et les plus célèbres. Et au fond, sur ces deux points, je défends l’exact contraire : contre le modèle dominant dans le monde, l’avenir du modèle républicain français, et contre le pouvoir spectacle, la confiance aux citoyens.
À quoi identifiez-vous le modèle américain ?
- On dit américain pour faire image. Mais ce modèle avance partout. Et il a trois traits principaux. Il est inégalitaire par principe. Il est matérialiste. Et sa démocratie est dévorée par la com’, la démagogie people.
Commençons par ce que vous appelez « l’inégalité croissante »…
C’est un basculement de l’histoire. Depuis le milieu du dix-neuvième siècle, on vivait dans tout l’occident avec l’idée que le progrès allait faire reculer les inégalités. Et cette idée transcendait tous les clivages politiques. Mais au tournant des années 80, sans qu’on s’en aperçoive clairement, un autre modèle a pris le pouvoir, une autre idéologie, pour qui le vrai moteur du progrès, ce sont les inégalités. Il est donc vain de prétendre les faire reculer. Au contraire, il faut les légitimer ! Ainsi le monde financier fait des fortunes foudroyantes, l’imposition sur les successions disparaît, le dumping fiscal règne en maître, pour mettre ces inégalités à l’abri de l’État. Ne vous trompez pas : en termes matériels, ce modèle a été extraordinairement efficient. Mais, au bout du chemin, il ruine l’idée de société, du vivre ensemble.
Quels sont les ressorts de ce modèle de société ?
- Il repose sur un système de valeurs selon lequel l’argent est la mesure du succès. Nicolas Sarkozy le répète sans cesse : il veut « réconcilier la France avec l’argent », parce que argent = réussite. Pour séduire et dompter l’esprit des citoyens, le moyen c’est la communication : les politiques se comportent comme les vedettes du show-bizz, mettant en scène du pathos, des amitiés avec des vedettes, des amours en roman-photo. Le but est de détourner l’attention des citoyens, pour que, aveuglés par les flash et les projecteurs, ils ne regardent plus l’essentiel. S’y ajoute la connivence entre puissances financières, médiatiques et pouvoir politique. Là encore, le modèle est américain. Aux Etats-Unis, l’argent influence le pouvoir par le financement des campagnes. Chez nous, c’est via les groupes de médias que son influence se déploie. Je crois que Nicolas Sarkozy a très tôt compris la puissance de telles ententes et décidé de s’en faire le complice, ou l’instrument. C’est la signification de l’incroyable nuit du Fouquet’s, de l’étalage de yachts et d’avions. Pour moi, tout cela, ce n’est ni la République, ni la France.
Vous utilisez souvent, à propos de Nicolas Sarkozy, l’adjectif « puéril ». Diriez-vous qu’il est un président puéril ?
Parfois. S’il est une fonction qui exige la sagesse, c’est la fonction présidentielle. « Du passé, faisons table rase », on sait depuis longtemps que ça ne marche pas, même les révolutions n’y parviennent pas. J’ai entendu, par exemple, annoncer qu’on allait tout remettre en cause dans l’organisation de l’hôpital. Une fois de plus ! On a fait quatre ou cinq lois de suite et la dernière n’est toujours pas digérée. On va recommencer ? De même, remettre en cause les principes de la laïcité, c’est ouvrir la boîte de Pandore. Prétendre que l’on peut tout changer à la fois, entreprendre toutes les réformes en même temps, alors que la société est si complexe, cela a un côté enfantin. Montherlant a donné à l’une de ses pièces un titre tiré de la Bible : « la ville dont le prince est un enfant ». Mais le vrai texte de l’Ecclésiaste, c’est : « malheur à la ville dont le prince est un enfant. »
Mais il redéfinit la fonction présidentielle…
Ma vision est tout autre : la fonction présidentielle, ce n’est pas s’occuper de tout, mais de l’essentiel. Ce n’est pas « je communique à tout va », mais « j’inspire confiance », c’est s’arrêter pour réfléchir, c’est se protéger et protéger le pays contre l’actionnite désordonnée. Laisser à d’autres le court terme et penser le long terme. Ce type de président, un président sage, manque cruellement à la France.
Quelles sont aujourd’hui vos relations personnelles avec le Président ?
Je n’ai avec lui aucun problème personnel. Je n’en ai jamais eu. Il y a des côtés de sa personnalité qu’il m’arrive de trouver sympathiques. Il le sait, je le lui ai dit. Mais j’ai un problème politique de fond qui tient aux valeurs de son projet, et à sa manière de concevoir le pouvoir. Et une divergence sur les valeurs, c’est plus grave et plus profond qu’un désaccord sur les programmes.
Par sa parole au moins, estimez-vous que le chef de l’État provoque une rupture ?
Je juge davantage les faits que les mots. Je sais que l’on peut mettre les mots à toutes les sauces. On peut sortir des citations époustouflantes pour dire le contraire de ce qu’on fait. Camus a une phrase magnifique. Il dit : « mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde. » Par exemple, à quoi bon dire « politique de civilisation » quand précisément on abandonne la civilisation face au matérialisme ambiant ? À quoi bon parler de « démocratie exemplaire » quand la réalité c’est la fin de la séparation des pouvoirs et la prise de contrôle des médias par une entente de groupes connivents ?
En matière de politique économique, reprochez-vous à Nicolas Sarkozy d’être trop libéral ou pas assez ?
Ce qui domine, c’est la confusion. Il y des annonces dans tous les sens et peu de visibilité dans sa politique économique. La vertu du libéralisme, ce sont des règles précises et rigoureuses : la séparation des pouvoirs, l’équilibre entre les pouvoirs, l’interdiction de mélanger l’État et l’économie. Aucune de ces règles n’est respectée en France. Quand il annonce qu’il va faire voter une loi pour imposer aux entreprises de distribuer aux salariés un tiers de leurs profits, c’est faire comme si les entreprises étaient toutes les mêmes ! Vous voyez Total distribuer à ses salariés 4 milliards d’Euros ? En revanche, reporter aux calendes grecques l’effort sur le déficit et sur la dette, alors qu’il pouvait y avoir un consensus national sur cette question, c’est faire une faute. Choisir la facilité sur cette question, c’est une faute qui marquera le début du quinquennat.
Quand vous l’entendez affirmer à propos du pouvoir d’achat qu’il ne peut pas « vider des caisses déjà vides », traduisez-vous que l’heure du renoncement a sonné ?
C’est simplement la revanche de la réalité face à des promesses purement et simplement intenables.
Revendiquez-vous l’étiquette de « premier opposant à Nicolas Sarkozy » ?
Ce genre de cliché ne m’intéresse pas. Je ne suis pas un opposant mécanique, systématique. Simplement, je ne cède pas un pouce de terrain, quoi qu’il m’en coûte, quand je considère que l’essentiel est en jeu.
Êtes-vous à équidistance de l’UMP et du PS ?
Leur perpétuelle opposition est d’un autre temps. Regardez la crise des socialistes. Regardez la mise en scène de Blair par l’UMP. La question qui va venir, si je ne me trompe pas, est celle de la reconstruction, sur des bases saines, du modèle républicain français. Et ce jour-là, il faudra des reconstructeurs venus de tous les grands courants de la démocratie française.
Divisions à Paris, Lyon, Strasbourg… Le MoDem c’est « moins on est nombreux, plus on se dispute » ?
C’est vrai que l’arrivée de dizaines de milliers d’adhérents nouveaux, exigeants, c’est un changement de culture. Mais pour moi, c’est un bonheur. Et dans toutes ces villes, au bout du compte, nous serons présents, autonomes et rassemblés.
Si vous échouez aux municipales de Pau, arrêtez-vous la politique ?
Je n’ai pas l’intention d’échouer. Mais je n’en fais pas un test national. C’est une ville à qui on ne parle pas comme à une autre. Pour vous, c’est une ville moyenne, de province. Mais pour nous, c’est une capitale, qui a une grande histoire et je crois un grand avenir. Nous, nous la regardons avec d’autres yeux. Nous avons besoin que la ville se porte bien, qu’elle vise haut. Chez nous, il y a une fierté. La ville a eu une grande histoire d’amour avec quelqu’un qui sortait de l’ordinaire, André Labarrère. Elle sait que c’est le moment pour elle d’en commencer une autre. Mais elle veut que ce soit une autre grande histoire. Pas du banal. Vous voyez, ce n’est pas de la politique comme vous l’entendez. C’est plus humain. Et je vais y mettre, ces prochaines années, toutes mes forces.
Ségolène Royal est-elle aujourd’hui pour vous une alliée ou une rivale ?
Ma situation n’est pas facile, la sienne non plus. Je trace un chemin nouveau. Son chemin, plus classique, est barré par une crise grave. La crise du PS est dans son nom même. Imaginez-vous un responsable du PS venir à la télé et déclarer : « l’avenir de la France, c’est le socialisme ! » Si vous ne pouvez pas prononcer une telle phrase, alors vous ne pouvez plus vous appeler Parti Socialiste… Et derrière cela, il y a la question des alliances. Pour moi, je n’ai pas ce type de question : si la désillusion est à la mesure de ce que je crois, il faudra que tous les reconstructeurs se réunissent. Il faudra faire travailler ensemble des démocrates, des socialistes, des républicains, y compris de droite, par exemple des gaullistes qui sont aujourd’hui plein de doutes et de questions.
Il y a un an, vous vous apprêtiez à décoller dans la campagne présidentielle. Qu’avez-vous raté pour ne pas être au second tour ?
L’obstacle que je n’ai pas réussi à franchir, je le connais. C’est le remords du 21 avril 2002, qui pesait si fortement sur la gauche. Beaucoup d’entre eux, au fond, savaient que Ségolène Royal serait battue. Mais ils ne supportaient pas l’idée que le PS soit absent, pour la deuxième fois, du second tour. Dans l’avenir, la question se posera différemment.
Une chose que Nicolas Sarkozy vous a apprise ?
Le mouvement perpétuel. Mais pour aller où ?
De Ségolène Royal ?
Que l’image ne suffit pas.
Une chose que vous apprend Barak Obama ?
Si l’on veut offrir une alternative, il faut se tenir loin du système qu’on veut remplacer.
Propos recueillis par eric Mandonnet et Ludovic Vigogne, L'Express, semaine du 17 au 23 janvier 2008
19:08 Publié dans Actualité nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Bayrou, Sarkosy, Express
13.12.2007
François Bayrou juge "très malsain" d'avoir offert les honneurs à Kadhafi
Le président du MoDem François Bayrou juge "très malsain" que "tous les honneurs de la République" aient été offerts au colonel Kadhafi lors de sa visite en France. Dans une interview jeudi dans France Soir, François Bayrou affirme que "nous venons tout simplement de conclure une vente d'armes qui offre au régime libyen une puissance de feu considérable, ainsi que des accords de défense qui font de la France l'allié de Tripoli", "sans parler du brevet de respectabilité internationale fourni par Nicolas Sarkozy qui lui a déroulé tapis rouge dans nos palais".
FRANCE SOIR: Quel regard portez vous sur la visite du colonel Kadhafi?
FRANCOIS BAYROU: Deux rencontres avec le président, l'Assemblée Nationale, la Garde Républicaine... Tous les honneurs de la République lui ont été offerts. C'est très malsain. Il faut se souvenir de qui est Kadhafi: un dictateur qui a écrasé toute liberté d'expression dans son pauvre pays, n'hésitant pas à recourir aux massacres pour réprimer les tentatives de révolte. Il est l'auteur de certains des actes terroristes les plus horribles de ces dernières décennies: plus de 400 personnes sont mortes dans les avions abattus par Kadhafi, crimes où sa culpabilité a été reconnue officiellement. Il a exercé pendant 8 ans un ignoble chantage sur les infirmières bulgares et le médecin palestinien innocents, qui, bien que innocents, ont été torturés et condamnés à mort. Cette prise d'otage a été récompensée par la rançon la plus incroyable de tous les temps: 450 millions de dollars versés au nom de la France, en échange d'on ne sait quelle contrepartie.
Vous estimez que la France s'est fourvoyée dans cette affaire?
Nous venons tout simplement de conclure une vente d'armes qui offre au régime libyen une puissance de feu considérable, ainsi que des accords de défense qui font de la France l'allié de Tripoli! Dans le même temps, nous nous apprêtons à livrer une centrale nucléaire à celui qui a toujours voulu contrôler l'énergie atomique. Sans parler du brevet de respectabilité internationale fourni par Nicolas Sarkozy qui lui a déroulé tapis rouge dans nos palais. Tout cela, c'est la France des droits de l'homme qui le réalise, sous les yeux ébahis de la communauté internationale. Et ce, après que Nicolas Sarkozy ait promis, la main sur le coeur, pendant la campagne qu'il serait l'homme d'une diplomatie morale. On voit bien de quoi il s'agit aujourd'hui: honorer le carnet de chèque de Kadhafi, et qu'importent ses forfaits... S'il était pauvre, on n'aurait pas de mots assez durs pour stigmatiser son cynisme et sa cruauté. Mais il est riche, grâce aux mannes du gaz et du pétrole. Donc on le laisse planter sa tente sous les fenêtres de l'Elysée.
Les contrats signés ne justifient pas selon vous de tels honneurs?
D’abord, qu’y a-t-il de solide dans ces contrats ? On entend beaucoup de questions sur leur vraie nature. Car Kadhafi semble suffisamment bon commerçant pour réussir à ne vendre que du vent. Ces études qu'il a signées sont-elles de vrais contrats, ou bien n'engagent-elles à rien ou à pas grand chose ? C'est par ailleurs un leurre, une idée archaïque de croire que les contrats d'Etat peuvent redresser le commerce extérieur. L'Allemagne, qui possède un commerce extérieur florissant grâce à ses entreprises et à son tissu commercial, ne se livre en aucune façon à ce genre de compromissions. Et quand bien même cela nous rapporterait quelque chose, a-t-on le droit de vendre nos valeurs au nom de contrats commerciaux, aléatoires qui plus est? Si on le fait, il n'y a pas de limites à la dérive. C'est en défendant ses principes sans crainte qu'un pays jouit d'un véritable rayonnement international. A qui la France pourra-t-elle désormais rappeler ses devoirs après avoir offert tous les honneurs de la République à Kadhafi ?
Comment jugez-vous la politique étrangère de Nicolas Sarkozy?
Cette politique, telle que le monde la découvre, semble n’avoir qu’une ligne directrice : nous mettre bien avec tous les puissants et les riches qui peuplent l'univers. Nous sommes finalement les seuls, en une semaine, à avoir déroulé le tapis rouge à Kadhafi et envoyer de chaudes félicitations à Poutine. De même, Nicolas Sarkozy s'est rendu en Chine pour dire une chose: « Au Tibet et à taẅan, vous pouvez faire ce que vous voulez. » Enfin, il a accouru aux Etats-Unis pour manifester à Bush les signes d'alignement les plus exubérants. Il compromet, un à un, tous les repères de ce qui faisait notre politique étrangère. La France, c'était un pays qui défendait son indépendance et savait rappeler, dans le cadre européen, un certain nombre de principes à des pays qui ne les respectaient pas. La politique de Nicolas Sarkozy contredit terme à terme cette ligne. Je ne suis même pas sûr qu'il en mesure aujourd'hui le risque: la banalisation et finalement l’affaiblissement de la France sur le plan européen et international.
Depuis son arrivée, le colonel Kadhafi multiplie les provocations. Se moque-t-il de nous?
C'est pire que cela. Il est très malin et il a compris tout l'avantage qu'il pouvait tirer de cette formidable arme de communication qui lui était livrée sur un plateau. Et il en profite! Il dispose à sa guise de cette tribune libre pour venir appuyer là où ça fait mal: en dénonçant la situation des immigrés frappés de discrimination et parfois, de misère. De façon scandaleusement provocante, il tient un discours auxquels ils sont sensibles. Cette déstabilisation, franchement, on aurait pu l’éviter.
En sautant sur le coup médiatique de la libération des infirmières, Nicolas Sarkozy s'est-il fait piéger par le colonel Kadhafi ?
Franchement, qui pouvait ignorer la vraie nature de Kadhafi, son sinistre palmarès ? Je crois que Nicolas Sarkozy a voulu à tout prix montrer à l’opinion qu’il pouvait réussir là où d’autres échouaient, coiffer sur le poteau les efforts patients notamment des européens. Pour cela, il a suivi les enchères que Kadhafi exigeait. Maintenant, par cette visite, il apporte à Kadhafi le plus précieux de ses espoirs, une tribune et un brevet de reconnaissance internationale. Kadhafi peut se frotter les mains, sa prise d’otages a réussi au-delà de tous ses espoirs…
Propos recueillis par Thomas de Rochechouart, France Soir, 13 décembre 2007
Sondage CSA/Le Parisien-Aujourd'hui en France/i-Télé rendu public jeudi soir 13 décembre.
D'après cette enquête, les sympathisants de droite sont majoritairement favorables à cette visite et ceux de gauche majoritairement défavorables.
Sur l'ensemble des Français, 52% estiment que "c'est une mauvaise chose parce que son régime ne respecte pas les droits de l'homme et ne condamne pas formellement le terrorisme".
A l'inverse, 31% jugent que "c'est une bonne chose parce que son régime fait des efforts sur la scène internationale et permet à la France de signer des contrats commerciaux importants".
21:10 Publié dans Actualité nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Kadhafi, politique étrangère, Sarkosy
29.11.2007
François Bayrou : «La majorité ne défend aucun projet social»
Dans un long entretien donné au journal La Croix ce 26 novembre, François Bayrou brosse les perspectives du Mouvement Démocrate et du projet de socièté qu'il entend porter. Jugeant la réforme des régimes spéciaux nécessaire, il souligne que "la condition de la réforme c’est la justice" et regrette que la mojorité "ne défend aucun projet social". Concernant le pouvoir d'achat, François Bayrou rappelle qu'"au fond le pouvoir d’achat ne se décrète pas. Il est le résultat de la santé économique du pays."
La Croix : Que restera-t-il de l’UDF au sein du Mouvement démocrate ?
FRANÇOIS BAYROU : L’UDF a décidé de créer le Mouvement démocrate. Ses adhérents en seront membres et son organisation en fournira la colonne vertébrale. Mais il y a bien entendu une différence de fond entre les deux partis. Dans son histoire, l’UDF n’a regardé que vers la droite. Or le centre ne peut pas être le centre s’il ne regarde que d’un seul côté. Vouloir le centre, c’est forcément le vouloir autonome, indépendant, capable de regarder comme des partenaires les grandes forces démocratiques du pays, qu’elles soient à sa droite ou à sa gauche.
Quelle est la différence entre le MoDem et le Nouveau Centre ?
Le Nouveau Centre s’est rallié purement et simplement à la majorité de Nicolas Sarkozy sans y exercer aucune influence. Or tous ceux qui abandonnent leurs convictions pour rallier le pouvoir abandonnent en fait leur raison d’être et finissent par disparaître.
Qu’est-ce qui vous différencie, au fond, de Nicolas Sarkozy ?
Le projet de société. Aujourd’hui, dans la mondialisation, il y a un modèle qui domine tous les autres. Celui d’une société dans laquelle les inégalités augmentent fortement plutôt que de reculer. C’est très impressionnant : pendant les 150 dernières années, nous vivions tous, en Occident, avec l’idée que le progrès allait faire peu à peu reculer les inégalités. Et grosso modo, c’est bien ce qui se produisait.
Or depuis quelques années, c’est le mouvement inverse qui est reparti. Un courant de pensée dominant accepte et justifie les inégalités et se satisfait de leur croissance. Disons que ce courant de pensée est celui de l’Amérique de Bush, des néoconservateurs. C’est cela que Nicolas Sarkozy admire. Et, pour moi, ce n’est pas la vocation de la France. Ni le gaullisme, ni la démocratie chrétienne, ni la social-démocratie ne devraient l’accepter.
Et qu’est-ce qui vous différencie du PS ?
Le Parti socialiste en est encore à croire, ou à laisser croire, que pour résoudre les problèmes de la société, il n’existe qu’un recours : l’État. Or cette réponse n’est plus valide. L’État centralisé est épuisé, sans moyens et, au fond, devenu impuissant. Il arrive même souvent que l’État, bureaucratique, soit paralysant. Il faut donc redéfinir le rôle de l’État.
La méthode Sarkozy sur la réforme des retraites est-elle, selon vous, un succès ?
On n’a fait qu’un petit bout du chemin. La réforme des régimes spéciaux est nécessaire, pas seulement pour des raisons comptables, mais pour des raisons d’équité. Beaucoup de Français ressentaient comme une injustice l’inégalité devant la durée de cotisations. Et il est vrai en même temps que ce régime de retraites était un élément du contrat de travail.
C’est pourquoi j’aurais préféré une réforme globale qui prenne en compte tous les régimes de retraite, sous l’angle de la pénibilité du travail, et une réforme générale fondée sur une retraite par points avec de vrais droits garantis. Aujourd’hui, on vend aux travailleurs de faux droits : leur retraite n’est nullement garantie et nous aurons des rendez-vous douloureux.
Les grèves donnent-elles raison à ceux qui pensent que ces réformes sont quasi impossibles ?
Les réformes ne sont absolument pas impossibles. Mais commencer, avec le paquet fiscal, par accroître les privilèges de ceux qui avaient déjà beaucoup, cela rend les choses évidemment plus difficiles. Car la condition de la réforme c’est la justice. « Réformer », aujourd’hui, cela veut trop souvent dire abandonner purement et simplement les conquêtes sociales.
Pour moi, au contraire, réformer c’est répondre à deux questions. Comment libérer les énergies françaises ? Comment faire progresser la justice ? Pour l’instant, cette seconde question n’obtient pas de réponse : aucun projet social n’est défendu et la réforme en est déséquilibrée.
Que pensez-vous des mesures du gouvernement en faveur du pouvoir d’achat ?
On peut trouver des mesures techniques, mais au fond le pouvoir d’achat ne se décrète pas. Il est le résultat de la santé économique du pays. C’est toujours une erreur de faire des promesses électorales intenables. Cela contribue à la démoralisation du pays. On dira que le cynisme fait gagner des voix ! Mais, après, les déceptions sont terribles. Il y a longtemps que j’ai choisi, en ce qui me concerne, de rejeter les promesses intenables et de dire la vérité à mon pays.
La manière dont Nicolas Sarkozy exerce la fonction présidentielle est-elle conforme à votre conception de la présidence de la République ?
Pour moi, le président de la République doit être à la fois inspirateur et arbitre. C’est toute l’histoire de nos institutions. Il ne doit pas concentrer tous les pouvoirs. Il ne doit pas être le chef d’un clan. Quand il participe au bureau politique de son parti, il n’est pas le président de tous les Français.
Recueilli par Laurent de BOISSIEU et Solenne de ROYER, La Croix, 27 novembre 2007
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27.11.2007
"La conscience des citoyens"
François Bayrou revient sur les différences profondes qui le séparent de la méthodes Sarkozy basée sur le zapping et le casting. Pour le président du Mouvement Démocrate, le citoyens n'est pas un simple consommateur politique mais il doit être au coeur, au centre d'un projet politique en étant un acteur à qui l'on dit la vérité
19:25 Publié dans Actualité nationale, Vidéos | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Bayrou, sarkosy, zappin, casting
24.10.2007
François Bayrou : "La rupture ne va pas dans le bon sens"
Dans un longue entretien accordé au numéro de novembre du magazine l'Expansion, François Bayrou dresse un bilan critique de la "rupture" défendu par le Président de la république. Le président du Mouvement Démocrate regrette en particulier l'absence de continuité en politique étrangère : "Je souffre de voir la France s'aligner sur l'administration Bush." L'analyse porte aussi sur la rupture concernant les déficits publics, le paquet fiscal, la réforme de l'université ou encore les institutions.
Nicolas Sarkozy a-t-il tenu sa promesse de rupture ?
La rupture, ce peut être la meilleure et la pire des choses ! Dans l’action de Nicolas Sarkozy, il y a rupture sur des sujets où j’aurais aimé que la France choisisse la continuité : par exemple en matière de politique étrangère, je souffre de voir la France s’aligner comme jamais sur l’administration Bush. Il y a rupture dans le choix d’une omniprésence médiatique, mais est-ce vraiment bon ? Enfin, il y a aggravation des défauts de la cinquième république lorsque le président concentre tous les pouvoirs, toutes les décisions. En ce sens, un trouble profond a été créé entre nos partenaires européens et le pouvoir français, en raison de la propension à tirer à soi toutes les couvertures. Sur tous ces sujets, si rupture il y a, elle ne va pas dans le bon sens.
Et en matière de politique économique et sociale ?
On ne doit pas enlever à Nicolas Sarkozy son affirmation réitérée à revaloriser le travail. S’il y parvient, ce sera bien. Mais pour le reste sa politique économique fait naître beaucoup d’interrogations. L’idée d’une simili relance par des cadeaux fiscaux en direction des plus favorisés est, comme il était prévisible, en train de faire long feu. Par ailleurs, on voit bien que l’on a relâché la pression sur le déficit et sur la dette qui vont connaître une nouvelle et forte augmentation. Cela nous affaiblit et nous isole. Que tant de gens avertis aient pu accepter sans broncher l’idée qu’une nouvelle injection d’argent emprunté dans l’économie allait permettre à notre pays déjà si endetté de trouver une nouvelle croissance restera pour moi un mystère. Cette erreur de diagnostic et de traitement se paiera un jour ou l’autre douloureusement. C’est désormais une épée de Damoclès au-dessus de la politique française. Enfin, on n’aperçoit pas, entre les tenants de la rigueur et les défenseurs du laxisme, où est l’inspiration de la politique suivie. En temps de crise, l’illisibilité se paie cher.
Vous ne croyez pas au choc de confiance vertueux du paquet fiscal ?
Je crois à la vertu de la confiance, dès l’instant qu’elle est fondée sur la vérité et sur une analyse économique juste. Or il était faux dès le premier jour de soutenir qu’il suffisait pour relancer le pays de dépenser 15 milliards dont nous n’avions pas le premier centime. S’il suffisait de s’endetter au-delà du raisonnable pour faire fortune, il y aurait beaucoup de riches. La direction à suivre était celle d’une politique de l’offre, qui aide l’entreprise, qui lui facilite la vie. Au lieu de cela, on a créé des usines à gaz, comme celle des heures supplémentaires, dont on découvrira assez vite les limites…
Vous avez d’autres déceptions ?
La réforme de l’université avait été annoncée comme « la plus importante du quinquennat ». Faute de réflexion et de concertation, qu’en reste-t-il à l’arrivée ? Quasiment rien. Par fétichisme de la vitesse, on a choisi la précipitation, les négociations bâclées, les concessions excessives.
Nicolas Sarkozy a-t-il eu raison de lancer toutes les réformes en même temps ?
Lancer les réformes ne veut pas dire les conduire à leur conclusion. Multiplier les « chantiers », c’est chercher à éviter que la contestation se fixe sur l’un ou sur l’autre. Le revers de la médaille, c’est une perte de visibilité de la stratégie économique et sociale. Pour moi, au contraire, les réformes devraient être simples, sereines, assumées et affichées avec une démarche pédagogique profonde. C’est une tout autre gestion du temps et une autre idée stratégique du gouvernement de la France.
L'Expansion, numéro 724, novembre 2007
Propos recueillis par Marc Landré et Emmanuel Lechypre
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22.10.2007
François Bayrou : "La fonction présidentielle exige que l'on soit au-dessus des partis"
François Bayrou était l’invité, dimanche 21 octobre, du Grand Rendez-vous, animé par Jean-Pierre Elkabbach et diffusé sur Europe 1, TV5 Monde et Le Parisien-Aujourd’hui en France. Du traité simplifié à la réforme des institutions en passant par la lecture de la lettre de Guy Moquet et l'avenir de l'Europe, François Bayrou a exposé pendant près d’une heure sa vision des équilibres démocratiques et politiques nécessaires, insistant notamment sur les exigences de la fonction présidentielle.
Réagissant à la présence du Président de la république au bureau politique de l’UMP, François Bayrou a estimé : « C'est une faute contre la fonction » précisant : « La fonction de président de la République exige quelqu'un qui soit au-dessus des partis et non pas qui considère que c'est devant son parti qu'il doit aller s'expliquer, ou même devant les partis. »
Concernant le traité simplifié adopté par les vingt-sept chefs d'état et de gouvernement de l'Union européenne à Lisbonne, il a expliqué : « Je voterai ce traité, mais je considère qu'on a laissé en route des choses qui étaient essentielles pour l'avenir, l'idéal européen. Ne me demandez pas d'enthousiasme, je n'en ai pas. » François Bayrou a notamment regretté la disparition des symboles européens : « Pour la mécanique, ça va à peu près, pour l'âme c'est zéro » mettant ainsi en avant une crise d'inspiration.Enfin, concernant la lecture de la lettre de Guy Moquet dans les écoles, le président du Mouvement Démocrates a estimé que « l'Etat ne doit pas se mêler de l'Histoire. L'Etat ne doit pas organiser la promotion en figure héroïque de qui que ce soit. Le propre d'une démocratie, c'est que l'Etat est respectueux de la séparation nécessaire entre les historiens, les professeurs et les ordres qu'il donne ». « Chaque fois que l'Etat se mêle de l'exploitation de l'Histoire, c'est un très mauvais signe. » a ajouté François Bayrou.
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